Accompagner les apprentissages

Allez ! On se motive et on les motive ! C’est partiiiii !

Ca y est. On ne peut plus reculer. Il est l’heure d’apprendre le Corbeau et le Renard avec notre enfant qui, manifestement, préférait 1000 fois qu’on le laisse jouer à Minecraft ou autre joyeuseté du genre. Mais bon. Soyons honnête. Si on nous laisse le choix entre ranger les lessives ou se caler sous un plaid devant Netflix, il y a de grandes chances pour que nous soyons plus motivés par cette dernière option ! En effet, la motivation n’est nécessaire que pour accomplir une tâche qui nous demande un effort que, dans l’immédiat, nous n’avons pas envie de fournir.

Pour le moment mes enfants sont tout petits. Je n’ai pas encore rencontré ce problème là avec eux. Ils sont partant pour tout ! Enfin presque😁 MAIS, au quotidien, je pratique des ados de 13 ans pour qui l’histoire-géo n’est pas vraiment leur priorité absolue… J’enseigne depuis bientôt 10 ans et, au fil des années, j’ai mis en place des outils pour les motiver. Je vous les partage dans cet article !

Bien entendu, ils sont applicables à tout âge ! Personnellement ce sont des outils que j’utilise au quotidien pour me motiver et avancer dans mes projets. Allez, c’est parti !!!

#1. Travailler moins mais plus efficacement

Le temps est subjectif

Souvent, nous n’avons pas envie de nous y mettre, et eux non plus, car la tâche nous paraît très – trop ? – longue. Fastidieuse. On n’en voit pas le bout. Et, vous le savez, la notion de temps est subjective. Autant nous ne voyons pas passer une super soirée avec des amis, autant la réunion du lundi matin avec notre supérieur peut nous paraître incroyablement longue (Madame la Principale, si vous passez par là, cette remarque n’est évidemment pas pour vous 😉 ). Surtout si l’heure de fin n’a pas été précisée… Et c’est sur point là qu’on peut commencer à motiver sa tribu. Fixer, ensemble, une durée quotidienne de travail.

80% du temps de travail est du temps perdu…

Il a été démontré que nous réalisons 80% du travail efficace sur seulement 20% du temps travaillé. C’est le fameux (ou pas) principe de Pareto, un économiste italien. Pour quelle raison ? Car on passe beaucoup de temps à penser et à faire autre chose. On va vérifier quelque chose “rapidement” sur Internet, ce quelque chose n’ayant rien à voir avec ce que nous sommes censés faire. Puis on décide de se faire un café. Et en allant dans la cuisine on se souvient d’un document important qu’on a laissé de côté. Etc. Etc. Bref, on procrastine.

Il est donc préférable de prévoir une session de travail courte et limitée dans le temps, plutôt que de se dire : “allez, à 18h on se met au travail” sans finalité. Cela permet de se focaliser sur l’essentiel. Si aujourd’hui on ne travaille que 30min, quelle va être notre priorité ? Travailler moins mais beaucoup plus efficacement. Tel est l’objectif !

Pour organiser mes sessions de travail, à la maison comme en classe, j’utilise la technique du “Pomodoro”. Et oui, encore un Italien derrière ça 🙂

La technique du Pomodoro : à vos tomates !

Cette technique de la “tomate” consiste à se fixer une tâche (apprendre la fable, faire les 2 exercices de math, corriger 25 copies, etc.) à accomplir et de l’accomplir en respectant le rythme suivant :

  • 25 minutes de travail (sans aucune pause pour quelque raison que ce soit : personnellement j’utilise un carnet dans lequel je note ce qui me passe par l’esprit afin de ne pas bloquer dessus). Pour les plus jeunes, vous pouvez proposer des sessions de 20min seulement.
  • 5 minutes de pause
  • Tous les trois ou quatre “pomodori”, on fait une pause plus longue : 15 ou 20 minutes (Personnellement j’aime bien le format 3 Pomodori, 15 min de pause, etc.).

Il est important d’afficher un minuteur (un chronomètre, un minuteur de cuisine, une application, etc. Un sablier fonctionne très bien avec les petits qui ne savent pas encore lire l’heure). Cela permet de se rendre compte à quel point le temps file vite ! Et aussi de se dire “allez, il ne reste que 7min, je me donne à fond, après c’est fini!”

J’utilise l’application “Tomate mécanique”. Mais il en existe plein d’autres. Quand j’ai une tâche à accomplir, je définis donc le nombre de Pomodori à faire : 2-3-4, etc. Et je m’y tiens. Ca m’oblige à être efficace. Mais également à accepter que quelque chose ne soit pas parfait. C’est ce que je dis à mes élèves : je préfère que vous me rendiez un exercice sur lequel vous avez vraiment travaillé même s’il n’est pas parfait, plutôt que rien du tout…

Il faut également garder à l’esprit que le plus difficile, ce sont les 10 premières minutes. Une fois qu’elles sont passées, nous sommes dans notre travail et on arrive beaucoup mieux à avancer 😉 . Si, si, promis !

#2. Créer des habitudes et s’organiser

Repérer nos moments “efficaces”

Au cours de la journée, nous avons des moments où nous sommes plus ou moins efficaces, capables d’attention. Il en est de même pour les enfants et ados. Clairement, je sais que mes élèves vont être beaucoup plus attentifs de 9h à 10h le lundi matin que de 17h à 18h le vendredi soir… J’adapte donc mes cours au mieux. Et je fais de même à la maison.

Souvent je propose les activités qui demandent d’être posé, de la concentration, etc. le matin entre 9h30 et 11h30 ou alors après la sieste de l’après-midi (eh oui, ils font encore des siestes 😉 ). Les fins de demi-journées sont toujours plus propices à l’excitation générale. Alors on danse, on chante, on crapahute à ces heures là. Je suis certaine qu’il en est de même pour vous. Vous savez qu’il y a des moments dans la journée où vous allez être hyper efficace. D’autres non. Il faut ainsi essayer de profiter au maximum de ces moments là ! Personnellement je sais que je peux être très efficace très tôt le matin, en milieu de matinée, puis tard le soir. Je sais pertinemment que l’après-midi c’est difficile. Que j’ai la capacité de concentration d’un poisson rouge. Alors plutôt que lutter contre moi-même pour essayer de travailler et, au final, perdre mon temps, je fais autre chose ! Je me suis vraiment rendue compte que j’étais beaucoup plus efficace si je réalisais chaque jour 4h de travail vraiment efficaces et que je gardai le reste de ma journée (sous-entendu quand je n’ai pas mes ptits loups auprès de moi) pour faire autre chose.

Prendre RDV avec eux, toujours au même moment

Il est donc important d’essayer de cibler les moments où vos enfants seront dans les meilleures conditions pour les apprentissages. Le mercredi et le samedi matin entre 9h30 et 11h ? Le dimanche de 17h à 18h30 ? En fin de journée de 18h à 19h en semaine ? Ou au contraire le matin de 7h à 7h30 si ce sont des lève-tôt ! A vous de voir avec eux.

Vous pouvez négocier ensemble. Leur demander ce qu’ils en pensent. Les faire participer les responsabilisera. Vous pouvez ensuite indiquer ces temps de travail sur un planning hebdomadaire que vous afficherez dans votre maison. Cela vous prendre probablement 3-4 semaines pour trouver le bon rythme. Mais il sera ensuite beaucoup plus facile de s’y mettre. Vous savez, il faut 21 jours pour qu’une habitude s’installe 😉 !

Planifier le travail à réaliser

Je conseille à mes élèves de prendre le temps, le vendredi soir, de faire un point sur l’ensemble des devoirs à effectuer pour la semaine qui va arriver. Cela leur permet d’organiser leur planning de travail et, éventuellement, d’éviter la catastrophe du dimanche soir : “Euh, Papa, Maman, j’ai un exposé sur le cycle de vie de la crevette à faire pour demain matin…!”

Pour chaque tâche, je leur demande d’évaluer le temps à y consacrer. C’est ce qui est le plus difficile pour eux. Je leur conseille de partir sur 25min (+ 5min de pause) pour une tâche. S’ils ont fini avant, ils peuvent prendre le temps de relire le cours de la discipline travaillée. S’ils n’ont pas fini, ils programment une autre cession de travail dans la semaine. Il est également important qu’ils indiquent dans leur planning un temps pour travailler les tâches plus complexes données longtemps à l’avance (exposé, lecture, etc.). Je vous mets dans la partie suivante un exemple de planning que je propose à mes élèves.

#3. Garder une trace de ce qui est accompli

Il peut être très motivant de noter clairement le travail à faire quelque part. Et cela soulage l’esprit (des enfants et des parents !). Ce peut être par exemple une feuille que vous accrocherez sur le frigo ou sur le bureau des enfants. A chaque fois que vous aurez réalisé une session de travail avec vos enfants, vous pourrez lui demander de cocher la case. A chaque fois qu’une tâche finale sera accomplie, il pourra la barrer ou la surligner. C’est valorisant et encourageant de voir que l’on a accompli quelque chose.

Voici ci-dessous le modèle que je soumets à mes élèves afin de les encourager à s’organiser. Je leur propose donc de le compléter le vendredi soir puis, d’ajouter les éléments au fur et à mesure que la semaine avance si besoin. Chaque case correspond à session de travail de 25min+5min. Faire ce travail de planification le vendredi soir permet d’aborder le week-end plus sereinement 😉 !

#4. Trouver un horizon de motivation

Un dernier outil pour se motiver : se récompenser ! La récompense au travail accompli est incontestablement une source de motivation. Certes, le plaisir de la tâche accomplie et du travail bien fait devrait être en soi suffisant. Mais dans les faits c’est quand même rarement le cas. Personnellement, quand je préparais l’agrégation, je regardais un épisode de Kaamelott à chaque pause de 5 minutes. C’était ma carotte à moi 🙂

Alors vous pouvez réfléchir avec vos enfants à des “récompenses” qui feront plaisir à tous :

  • Un film tous ensemble le vendredi soir si vous avez tenu votre programme de la semaine
  • Une sortie dans un parc, au cinéma, au restaurant, etc. si le programme a été tenu sur un mois

Anticiper ces moments permettra de motiver toute la maisonnée !

J’espère que cet article vous aura plu ! N’hésitez pas à laisser un petit commentaire et/ou à vous abonner à la newsletter pour ne rien manquer 😉 !

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